L’automobile n’échappera pas à l’économie de partage

Evolution des usages, proximité et innovation…  A l’occasion de la sortie de son dernier livre intitulé #Partage Ta Bagnole, Jean-Claude Puerto-Salavert, président du Réseau UCAR a accepté de dévoiler sa vision de l’avenir de la mobilité.

Selon vous, à quels grands défis, à quels grands enjeux les acteurs de la mobilité seront confrontés à moyen terme ?

J’ai la conviction profonde que nous sommes à l’aube d’une transformation majeure de la notion même de mobilité dans les prochaines années. Je ne parle même pas des évolutions technologiques. A mon sens, ce qui va véritablement changer, c’est l’apparition du principe de partage dans la mobilité. A cela, trois raisons majeures. D’abord, les automobilistes prennent de plus en plus de distance avec le sentiment de propriété de leurs véhicules. Le succès de la location longue durée l’illustre parfaitement. La voiture se consomme davantage chaque jour et même si un certain affect demeure par rapport à l’objet, c’est bien l’usage qui prend le dessus. La deuxième raison, c’est la pression environnementale. Les villes se ferment chaque jour davantage, des péages anti-pollution sont mis en place, nous sommes face à un besoin de renouvellement du parc. A dire vrai, 700 milliards de kilomètres sont parcourus chaque année et nous polluons autant qu’il y a dix ans car le parc automobile ne se renouvelle pas assez vite. Enfin, il y a l’évolution du digital. Les smartphones sont partout, ils ont changé nos vies, les véhicules peuvent être connectés et cela ouvre la voie à de nouveaux usages : le partage de véhicule en est un.

Quelle forme pourrait prendre ce partage généralisé ?

Il est impératif de créer les conditions de la confiance et de la simplicité. Si vous partagez votre voiture et que vous la récupérez le lundi matin pour aller au travail dans un état déplorable (ou pire si vous ne la récupérez pas roulante ou pas du tout), le partage ne se développera pas. En revanche, je pense que nous sommes à l’aube de l’émergence d’un AIRBNB de l’automobile, si nous garantissons au propriétaire d’une auto, qu’il n’en supportera plus les frais quand il ne l’utilise pas et que cela ne présentera aucun risque. Or, nous avons le savoir-faire pour sécuriser ce partage. Assurer que tout se passera bien, sans risque et que même face à un aléa, des solutions existent pour que le partage ne vire pas au cauchemar. En tant que loueur de courte de durée nous possédons ce savoir-faire, sinon notre modèle économique ne tiendrait pas. Je pense donc que nous avons un rôle clé à jouer dans l’évolution de la mobilité ! L’autre variable essentielle : c’est la proximité. Dans le cadre d’une économie de partage, il faut développer un maillage territorial resserré. C’est l’un des éléments de nature à rassurer l’utilisateur et à faire la différence.

Comment assurer cette proximité ?

Créer un réseau de toutes pièces, c’est long et complexe. C’est là que les constructeurs ont une carte à jouer. Ils sont très présents dans les territoires, et le fait de jouer le rôle de plateforme de partage, constitue un levier de croissance non négligeable. C’est la raison pour laquelle je pense que des réseaux tels que Hyundai Rent, vont parfaitement dans le sens de l’histoire. Les concessionnaires peuvent être remis au centre du jeu. C’est un relais de croissance puisqu’ils peuvent faire découvrir leurs modèles  qui fait simultanément d’eux des acteurs majeurs de l’évolution du parc automobile par leur rôle de partenaires de la mobilité des professionnels comme des particuliers. Nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins…