TCO vs Sinistralité : utiliser les technologies à bon escient

Nous vivons dans un univers technologique où la donnée inquiète autant qu’elle fascine. Pour Yohann Desalle, Directeur des Solutions Transport chez Hitachi, les données, l’Intelligence Artificielle et l’IoT sont d’abord des atouts pour lutter contre la sinistralité des flottes et optimiser le TCO. 

Spécialiste de la transformation digitale dans le domaine de la gestion de flotte et du transport, Yohann Desalle développe avec ses équipes des solutions exploitant l’Intelligence Artificielle (IA), le Machine Learning et l’internet des objets (IoT) au service de la Supply Chain, des transporteurs, logisticiens et gestionnaires de flotte. Après avoir été lui-même gestionnaire de flotte pendant 19 ans, c’est en 2018, que Yohann Desalle rejoint Hitachi avec pour mission principale, le développement de solution technologiques permettant d’optimiser les flottes et leur exploitation, ainsi que d’en faciliter la maintenance.

« Trop souvent, les solutions qui consistent à s’appuyer sur la donnée pour améliorer le comportement des conducteurs sont perçues, à tort, comme des solutions invasives, liées à une volonté de surveillance»

Pourtant, l’exploitation des technologies et des données constituent un levier majeur pour lutter contre la sinistralité dans les flottes d’entreprise. 

Identifier les profils de conducteurs

« Le premier réflexe à adopter vis-à-vis des données télématiques qui sont quasiment généralisées aujourd’hui, explique Yohann Desalle, c’est de les exploiter non pas pour stigmatiser les mauvais comportements, mais pour concevoir des programmes de formations adaptés ». La recommandation de l’expert : analyser de nombreux indicateurs comme le type d’accélération, la nature des freinages, mais aussi la consommation de carburant, pour identifier les collaborateurs qui ont besoin d’un accompagnement spécifique.

« En repérant les collaborateurs dont le comportement routier représente un risque, il est possible de leur apporter des formations spécifiques.»

« Ces données peuvent également être utilisées pour encourager les bons comportements ». Une façon positive de lutter activement contre la sinistralité et d’agir pour maîtriser le TCO

La captation vidéo au service de la pédagogie

« Certaines entreprises ont également intégré à bord des véhicules de leurs flottes des caméras (ou dashcam) qui enregistrent les secondes qui précèdent un accident, déclare Yohann Desalle. Il apparaît clairement que ces vidéos ont un impact majeur lors de sessions de formation ». Un impact jugé encore plus puissant lorsque les collaborateurs qui assistent à la formation découvrent que la scène a été captée à bord d’un véhicule de l’entreprise.

« L’implication des collaborateurs dans la formation est décuplée lorsqu’ils apprennent que le sinistre ou l’incident qu’ils viennent de visionner a affecté un collègue. Le message est souvent plus percutant et plus durable ».

Le recours à ces caméras intelligentes, lorsqu’il répond à des ambitions pédagogiques, ou pour démontrer les responsabilités dans un sinistre, est souvent bien accepté par les collaborateurs. 

Réduire le coût des primes d’assurance

Preuve que les données collectées à bord des véhicules d’une flotte constituent un atout majeur, les derniers développements d’Hitachi en la matière. « Nous travaillons en étroite collaboration avec différents partenaires assureurs qui souhaitent développer des modèles de contrat de type Payez comme vous roulez », explique Yohann Desalle. Un dispositif qui permet un ajustement des primes d’assurance pour la flotte en quasi-temps réel, fondé non seulement sur les données comportementales des conducteurs, mais aussi sur les actions engagées par l’entreprises pour former, accompagner, et sensibiliser. Hitachi ainsi développé une plateforme, opérationnelle depuis mars 2019, compatible avec tous les fournisseurs de solutions télématiques, afin de permettre une collecte et une centralisation des données sans modification et sans immobilisation des véhicules. « Une plateforme ouverte en quelque sorte, comme un outil à disposition des gestionnaires de flottes pour rationaliser les usages, réduire la sinistralité et maîtriser les coûts », conclut Yohann Desalle.