TCO : 3 conseils pour une année 2019 optimale

Les atermoiements liés à l’entrée en application du nouveau cycle WLTP soulèvent de nombreuses interrogations. Malus écologique, TVS, poste carburant, autant d’incertitudes qui risquent d’affecter votre TCO. Robert Maubé, Fondateur de RRMC, expert-conseil en recherche d’économies, spécialisé en Gestion de Flottes Automobiles, vous aide à y voir plus clair.

Robert Maubé

Entre impératifs écologiques, réponse pragmatique aux exigences de mobilité des entreprises et maîtrise du TCO, le gestionnaire de flotte est pris dans l’étau d’une équation à variables multiples. Le risque ? Faire des choix qui risquent de peser pour les trois ou quatre années à venir sur les coûts associés à la mobilité ! Le principal catalyseur d’incertitudes, c’est bien évidemment WLTP. Au-delà de la désorganisation qu’il engendre dans le catalogue d’une grande majorité de constructeurs, il y a surtout l’impact sur la fiscalité de la flotte. « Les premières simulations qui ont eu lieu en Finlande ont permis aux constructeurs de dévoiler les performances CO2 de leurs modèles sous WLTP. Si l’on applique les chiffres récoltés aux barèmes actuels de malus écologique et de TVS, on constate une multiplication par 6 à 8 du premier et par 3 ou 4 du second », observe Robert Maubé. Et ce n’est pas tout ! « Selon mes observations, je pense que le TCO global sur les deux années à venir pourrait augmenter de 12 à 15%. Une estimation qui prend en considération l’augmentation de la fiscalité écologique (liée au malus écologique et à la TVS avec WLTP), l’augmentation des loyers financiers (liée à l’effondrement des valeurs résiduelles et à l’augmentation des taux de financement), l’augmentation des primes d’assurance, l’augmentation probable des carburants, continue l’expert. Alors, l’augmentation du coût total de détention de votre flotte sera-t-il inexorable ? « Pas nécessairement, mais le fleet manager devra avancer prudemment ses pièces sur l’échiquier ! »

Comment ? Robert Maubé vous donne 3 conseils à suivre :

Conseil N°1 : différer si possible le renouvellement de la flotte

« Il faut laisser passer l’effet de sidération auquel nous sommes tous confrontés ! Compte tenu du flou qui règne autour de la fiscalité associée aux émissions de CO2, il vaut mieux prolonger de quelques mois les contrats en cours lorsque c’est possible. Même les loueurs incitent aujourd’hui leurs clients à prolonger la location, jusqu’à ce que la situation soit clarifiée ». En effet, il reste 12 mois aux constructeurs qui ne l’ont pas fait, pour optimiser leur motorisation avant la mise en place opérationnelle  de WLTP.

Conseil N°2 : envisager la motorisation essence mais à bon escient

« L’alignement de la TVA sur le carburant pour les motorisations essence et diesel, élargit le champ des possibles pour le gestionnaire de flotte. Même si le diesel reste pertinent pour les très gros rouleurs, la perspective, à terme, de ne plus pouvoir accéder, à terme, aux centres-villes pose un sérieux problème. Mais un problème moins sévère que l’impact de cette mesure sur la valeur résiduelle des véhicules diesel. Une valeur résiduelle qui va mécaniquement augmenter pour les véhicules essence : un paramètre qui influence le TCO. Cependant, la forte baisse des valeurs résiduelles du diesel ne fait pas pour autant monter celles de l’essence dans les évaluations des loueurs longue durée. Au-dessus de  20 000 kms par an, le TCO d’un VP de fonction (incluant loyers, maintenance, carburant, malus, TVS , AEN et AND) d’un diesel reste toujours plus performant ».

Conseil N°3 : agir sur les comportements

« Puisque le TCO risque bien d’augmenter sur la plupart des postes budgétaires et que certains d’entre eux ne sont pas véritablement maîtrisables, il ne reste qu’à actionner les leviers sur lesquels vous avez prise. Réduire les consommations de carburant et limiter la sinistralité en formant les collaborateurs (à l’éco conduite notamment), repenser les plans de mobilité en favorisant les mobilités alternatives afin de réduire les kilométrages et envisager de réduire la taille du parc… Le gestionnaire de flotte doit également mieux collaborer en interne avec la direction des achats, notamment pour professionnaliser les processus d’achat ».