Plan de mobilité : un atout pour le TCO

Un silence assourdissant plane autour du Plan de mobilité, rendu obligatoire depuis le 1er janvier 2018. Et pourtant, cette mesure porte en elle les germes d’un TCO optimisé, et d’une politique RSE constructive.

Christelle Bortolini

Depuis le 1er janvier 2018, toutes les entreprises regroupant plus de 100 collaborateurs sur un même site ont l’obligation de mettre en place un plan de mobilité. Ce plan a pour objectif de permettre à chaque entreprise d’édifier une véritable stratégie à long terme pour repenser la mobilité des collaborateurs. 

Ce dispositif, qui repose sur la notion de mobilité au sens large du terme, affichait de très fortes ambitions. Et pour cause, le Plan de mobilité dépasse très largement la car policy puisqu’il intègre les transports en commun mais aussi les moyens de déplacement alternatifs (vélo, trottinette…), autopartage et covoiturage, etc. Six mois seulement après l’entrée en application de la loi, l’ADEME et les entreprises spécialistes des plans de mobilité tiraient déjà le signal d’alarme. Aujourd’hui, « seules 8% des entreprises assujetties à l’obligation de réaliser un Plan de mobilité est en conformité », note Christelle Bortolini, Chargée de mission au sein de l’ADEME.  Elles n’ont globalement pas encore mesuré les implications du plan de mobilité. « Il faut bien admettre, confie Christelle Bortolini, que les entreprises n’ont pas mesuré ou compris l’ensemble des bénéfices qu’elles pouvaient tirer d’un plan de mobilité abouti ». Même constat au sein de l’Arval Mobility Observatory (ex-OVE), dont le Président, François Piot voit le plan de mobilité « comme une formidable opportunité pour les entreprises de remettre en question les trajets courants et les politiques de déplacements ». 

« Les entreprises n’ont pas mesuré ou compris l’ensemble des bénéfices qu’elles pouvaient tirer d’un plan de mobilité abouti. »

Un besoin de clarification et de pédagogie

Si, très globalement, les entreprises n’ont pas su saisir l’opportunité du Plan de mobilité, c’est, pour Christelle Bortolini, « principalement lié au flou ambiant qui caractérise la loi sur la transition énergétique. Le Plan de mobilité est perçu comme une contrainte supplémentaire, alors qu’il s’agit d’un vrai levier de performance économique et environnemental ». En effet, en repensant la mobilité sous un angle plus large, il est possible de rationaliser les usages. Envisager les transports en commun ou la mobilité active pour les déplacements courts, revient à réduire le nombre de véhicules dans la flotte ou à tout simplement limiter les consommations de carburant. « Le Plan de mobilité permet bien souvent d’identifier les déplacements inutiles. C’est une occasion de tout remettre à plat », continue la Chargée de mission de l’ADEME. 

« Le Plan de mobilité est une véritable démarche d’optimisation des process de l’entreprise. »

Réussir un plan de mobilité : c’est possible

Pour offrir à votre entreprise un Plan de mobilité qui soit tout à la fois un outil au service du TCO de la flotte et bien-être des collaborateurs, le conseil de Christelle Bortolini est simple : « il faut prendre de la hauteur et inscrire l’entreprise au sein de son environnement immédiat. Réseaux de transports en commun, interactions avec les entreprises environnantes pour identifier des opportunités de synergies… ». En raisonnant en termes de « mobilité augmentée », les gestionnaires de flotte pourront à la fois répondre aux attentes d’efficacité économique de la direction financière mais aussi satisfaire les exigences des services RH. « Le Plan de mobilité est une véritable démarche d’optimisation des process de l’entreprise, qui dépasse de beaucoup la dimension exclusivement obligatoire qui lui a été donnée », conclut Christelle Bortolini.